SanSim en vacances

Le dur labeur des mineurs de Potosí

La Bolivie possède des richesses minières en quantité considérable et c’est à Potosí qu’est situé son coeur d’argent, de zinc, de plomb et d’étain.


Afin de saisir toute l’ampleur du dur labeur des travailleurs, Sandra et moi avons tenté l’expérience d’être mineur d’un jour à Potosí, qui a déjà été une des plus populeuses villes de la planète au 18ème siècle, autant que Paris ou Londres. Nous avons d’abord revêti l’uniforme d’usage : bottes, pantalon, veste, casque et lampe frontale.

Ensuite, nous sommes allés faire nos emplettes au marché du mineur. Ici, on trouve de tout : pioches, masses, marteaux piqueurs mais surtout jus, cigarettes, feuilles de coca, alcool à 96% et évidemment de la dynamite. En bons néophytes, nous nous sommes contentés d’acheter un sac de feuilles de coca et un bâton de dynamite, quoi de plus normal!

Quelques minutes plus tard, nous étions à une altitude de 4300 mètres, à l’entrée d’une mine coopérative du Cerro Rico (4824 mètres).

Lampes frontales allumées, nous sommes passés à l’intérieur d’un couloir étroit. « Attention à la tête », nous disait fréquemment notre guide francophone nous obligeant à s’accroupir faute de quoi, notre casque en prenait un coup! À chaque pas, il faisait de plus en plus chaud et l’air devenait davantage vicié.

En 10 minutes, nous nous sommes retrouvés dans un petit musée intégré à la galerie. On y apprend par exemple que 40 mineurs sont décédés l’an passé, la majorité des accidents étant causés par l’effondrement d’une galerie mais aussi de silicose provoquée par la poussière, les gaz et les vapeurs d’acétylène. Peu de temps après, Sandra a préféré rebrousser chemin avec quelques autres visiteurs tant la combinaison altitude, chaleur, passages étroits et poussière devenaient incommodants. J’ai poursuivi la visite en descendant dans une galerie inférieure devant parfois ramper sur quelques mètres. J’ai alors rencontré Don Simon, 43 ans, un mineur de 23 ans d’expérience. Ici, on a droit à la retraite que lorsqu’on est malade. C’est sidérant de le voir forer au moyen d’outils archaïques, torse nu et suant abondamment dans un milieu qui rendrait fou n’importe quel claustrophobe!

En une journée, il creuse 2 à 3 trous d’environ un mètre de profondeur dans lesquels il insère la dynamite avant de faire exploser le tout. Il peut récolter 50 kg de minerai par jour rapportant en moyenne 20Bs (3$). Je lui ai donné un peu de coca et de la dynamite avant de descendre d’un niveau toujours via d’étroits et poussiéreux couloirs. J’entendais au loin les bruits du marteau d’un second mineur. Pour aller à sa rencontre, j’ai du descendre une échelle de fortune bringuebalante et marcher sur une planche au-dessus d’un puits de plusieurs mètres de profondeur. La routine quoi!

Don Alberto travaille au Cerro Rico depuis 18 ans dont les 9 dernières sur le même filon où je me trouvais.

Au retour, une détonation nous a obligé à accélérer le pas afin d’éviter les gaz toxiques. À la sortie, au grand air pur, nos guides ont allumé la mèche d’un bâton de dynamite que j’ai tenu le temps d’une photo.

Il était rigolo de voir nos accompagnateurs courir, engins explosifs en main, afin de les déposer à distance. BOOM! Quel bruit retentissant, tel un coup de marteau au coeur!

À cette altitude, simplement se faufiler dans les tunnels demande un effort imposant. Alors je n’ose même pas imaginer y travailler jour après jour. Vraiment impressionnant ces fiers mineurs de Potosí!

2 reflexions sur “Le dur labeur des mineurs de Potosí

  1. Anonymous

    Salut vous deux!

    Wow, déjà 3 mois que vous êtes partis! Ça va trop vite. Vous avez l'air d'avoir un voyage incroyable. J'aurais bien vous attraper au cours de votre trajet…mais bon, devoir oblige. Ça brasse pas mal de notre côté. Je vais quand même aller, pendant la semaine de relâche, faire du ski en Suisse. J'ai hâte de vous revoir!

    @ plus

    PP

  2. Anonymous

    Salut,

    Bravo pour la narration : on s'y croirait ! Bravo aussi pour les photos toujours aussi soignées.

    Bonne continuation

    Vincent (chum de Michèle à Québec)

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