SanSim en vacances

Treks en Corée

La Corée étant constituée à 70% de montagnes, on y retrouve des sentiers aménagés (un peu trop même!) à la grandeur du pays et à notre agréable surprise, les Coréens sont de grands adeptes de randonnée. Tous vêtus de vêtements haut de gamme aux couleurs parfaitement agencées et ressemblant à des montagnards partant à la conquête de l’Everest, ils sont des masses à pratiquer ce sport. Même pour se balader en ville, ils revêtent leurs habits dernier cri. Il faut dire qu’ils ont l’embarras du choix car dans toutes les villes, on retrouve une multitude de boutiques de vêtements de plein air : Marmot, Mountain Hardware, Eider, Millet, etc. Plus des marques coréennes Black Yak, K2, Nepa, Kolping, etc. Nous achèterions tout tellement c’est beau. Bon, revenons à nos moutons et voici notre palmarès des randonnées classées de jolie jusqu’à extraordinaire.

Samaksan (654 mètres, 8 km) 

À une dizaine de kilomètres de Chuncheon, une balade facile mène au sommet de Samaksan et offre une vue sur la ville et les lacs environnants.

Chuncheon vu de Samaksan

Nogodan – Parc national de Jirisan (1507 mètres, 12,5 km) – Jour 1

En se rendant au Parc national de Jirisan, notre but initial était d’effectuer une traverse d’une quarantaine de kilomètres sur deux jours et ce, d’est en ouest. Nous prévoyions commencer à Jungsanri pour terminer au Temple Hawomsa à quelques kilomètres de Gurye, raison pour laquelle nous nous sommes d’abord rendus à Gurye question d’y laisser des trucs que nous n’apporterions pas en randonnée et d’éviter de devoir planifier un transport à la fin de la traverse. Vous comprendrez que ce n’est pas ce qui s’est passé car arrivés à Gurye, on nous dit que les refuges sont fermés jusqu’au 30 avril. Quelle déception car nous voulions vraiment faire cette rando réputée comme étant l’une des plus belles du Pays du matin calme. Et comment se fait-il que n’avions pas cette information avant d’arriver sur place? Il faut dire que nous avons eu beaucoup de difficulté à trouver de l’information concernant toute la logistique (refuges, transports, etc.). Et bien dans ce cas, nous allons faire des randonnées à la journée.

Quel sommet atteindre aujourd’hui? On scrute la carte du Parc national de Jirisan et notre attention se porte sur Banyabong (1734 m). Pourquoi Banyabong? Avouez que c’est un nom rigolo à prononcer! Banyabong! C’est pour nous ici en Corée le butterball de Louis-José Houde au Québec!

On se rend donc dans une mini épicerie pour y ramasser des vivres pour le déjeuner et dîner du lendemain mais il n’y avait ni fruits, ni yogourt, ni céréales, ni pain, etc. Bref, on s’est retrouvés à manger une soupe de nouilles séchées (ramen) au lever et pour le dîner, nous avons fait préparer un bibimbap dans un petit resto à côté de l’hôtel le matin avant le départ. Donc lever tôt en direction de notre super Banyabong. Vers 9h15, nous arrivons à Nogodan (1507 m) et qu’est-ce qu’on voit? Le sentier est fermé en direction de Banyabong jusqu’au 30 avril! Et bien nous devrons nous contenter de faire Nogodan puis faire demi-tour. Ah oui! Le sentier pour atteindre Nogodan ouvre à 10h00 seulement donc 45 minutes d’attente. Bon, disons que ce n’était pas la rando à laquelle nous nous attendions.

Saryangdo (8 km)

Un sentier de 8 km traverse l’île de Saryangdo et passe par quatre petits sommets dont le plus haut atteint 400 mètres. Le parcours en entier est dénué d’arbres ce qui fait en sorte que pendant toute la journée, on aperçoit la mer et les quelques villages de pêcheurs en contrebas. Je dis toute la journée car nous avons fait de multiples et interminables pauses et poses pour le simple plaisir d’admirer la vue. Certains passages vertigineux ont causé plus de difficulté à Simon qui a pris grand soin de se servir des mains courantes.

Cheonwangbong – Parc national de Jirisan (1915 m, 15,5 km) – Jour 2

Quelle sommet atteindre aujourd’hui? On scrute la carte du Parc national de Jirisan et notre attention se porte sur Cheonwangbong. Pourquoi Cheonwangbong? Parce que avouez que c’est un nom rigolo à prononcer! Cheonwangbong! C’est pour nous ici en Corée le winnebago de Louis-José Houde au Québec!

Sans blague, Cheonwangbong est le deuxième sommet de Corée du Sud et il paraît qu’il est magnifique. Donc après notre rando infructueuse de Banyabong, on prend un autobus pour Hadong dans le but de se rendre ensuite à Jungsanri d’où nous partirons faire le Cheonwangbong. Vous me suivez? Arrivés à Hadong, on nous dit qu’on doit aller plutôt à Jinju pour se rendre à Jungsanri. Et hop, un autre autobus. Donc le lendemain, départ de Jinju à 8h00 (nous avons manqué l’autobus de 7h00) en direction de Jungsanri (environ 1h10). Nous voulions partir tôt car nous avons quand même 1400 mètres de dénivelé à monter et à redescendre en plus du retour à Jinju. Finalement, ce fut une journée magnifique avec des paysages splendides et des rencontres bien sympathiques. Malgré nos difficultés à communiquer (lire notre incapacité), les gens rencontrés semblent surpris lorsqu’on leur lance un anyong-hassé-ho (bonjour) et ils tentent de nous parler et on finit pas se comprendre parfois (pas toujours 😁). À plusieurs reprises depuis que nous sommes en Corée, on nous offre de la nourriture. Sur cette rando par exemple, des oranges, des kumquats et un légume bizarre mariné. Au retour de la rando, au village de Jungsanri, alors que nous attendions l’autobus pour Jinju, nous avons rencontré un Coréen ayant vécu 40 ans à Chicago donc qui parlait anglais. Et dès les premières minutes de discussion, il a tenu à nous offrir le repas et de notre côté, nous n’osions pas accepter devant tant de générosité. Il nous a alors expliqué que pour les Coréens ayant vécu dans l’extrême pauvreté durant la guerre, ils se sentent redevables et redonner devant l’abondance dans laquelle ils vivent à présent est la moindre des choses.

Hallasan – Jeju (1950 mètres, 20 km)

Hallasan est le point culminant de la Corée du Sud. D’ailleurs si la Corée était unifiée, plus de 50 sommets de plus de 2 000 mètres se trouveraient au nord. L’éruption du volcan Hallasan, aujourd’hui éteint, est à l’origine de la formation de l’île de Jeju située à une centaine de kilomètres des côtes du continent. Il a la réputation d’être l’un des plus beaux sommets de tout le pays. Haut et beau? Pas le choix, nous devons y aller, cela va de soi! Nous consultons les prévisions météorologiques et choisissons la journée la plus ensoleillée. Donc tôt vendredi matin, nous voilà dans l’autobus menant au début du sentier. Comme nous sommes vendredi et que c’est la fin de l’hiver, nous nous disons qu’il y aura sans doute moins de randonneurs qu’un samedi ou un dimanche d’été mais arrivés au stationnement, nous constatons que nous ne serons pas seuls à marcher car il y a des voitures garées partout. Mais bon, nous nous mettons à gravir graduellement les 1200 mètres nous séparant du sommet. Sur le sentier de Seongpanak, la montée douce et régulière nous permet de progresser rapidement et peut-être atteindrons-nous le sommet avant le flot de marcheurs. À un certain moment, la surface glacée nous oblige à chausser les crampons et en force d’autres à rebrousser chemin. Quelques minutes plus tard, nous atteignons le sommet comme plusieurs autres l’ont fait avant nous. À la fin de la journée, un gardien du parc nous indique qu’environ 1000 personnes ont atteint Hallasan au cours de la journée et qu’en haute saison, ce nombre peut grimper jusqu’à 3000. Mais malgré tout, la vue sur le cratère et sur son lac Baekrokdam est magnifique. Ça valait la peine de faire tout ce chemin pour venir déguster nos gimbaps! Sur le chemin du retour, un petit détour par un « oreum », un des volcans secondaires de Hallasan, finit la journée en beauté. Et j’oubliais de mentionner qu’à la fin d’une randonnée, tout bon Coréen se doit de passer à la station de dépoussiérage! 😁

Daechongbong – Seoraksan (1708 mètres, 17 km)

Au nord-est du pays, le parc national Seoraksan abrite le troisième plus haut sommet de Corée du Sud, le Mont Daechongbong. Dès le départ, nous ne pensons pas atteindre le sommet en raison de la quantité de neige assez importante sur les sentiers et compte tenu du fait que nous n’avons pas de crampons à ce moment-là. Les randonneurs que nous rencontrons nous le font d’ailleurs comprendre par toutes sortes de gestes et mimiques. Nous décidons de poursuivre notre route en se disant que nous ferons demi-tour lorsqu’il ne sera plus possible d’avancer. Il faut dire que la beauté du parcours dépasse largement ce à quoi nous nous attendions : un magnifique sentier parsemé de chutes de glace et suivant une rivière coincée entre des formations rocheuses abruptes. Après quelques kilomètres, la surface devient très glissante et nous n’avons plus de traction avec nos chaussures de trail. Nous faisons donc une pause dans un refuge et que voyons-nous? Des mini crampons à vendre! En plein ce qu’il nous fallait pour profiter pleinement de cette magnifique journée. Le reste du sentier devenant de plus en plus escarpé, il nous aurait été impossible d’atteindre le sommet. Et que dire du paysage! Nous ne nous attendions pas à une telle splendeur. Et quel bonheur de déguster des gimbaps achetés au marché de Sokcho après cette exténuante montée. 

 

4 reflexions sur “Treks en Corée

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  3. Christian O.

    Voilà un très beau résumé de ces excursions.
    Ça explique la pause sur le blog 😉

    Le plus hilarant, c`est la station de dépoussiérage. Non mais sérieusement, c`est culturel ou bien il y a une fonction particulière?

    Bonne route! À bientôt.

    1. Sandra Auteur de l'article

      La station de dépoussiérage, c’est simplement par souci de propreté car ils sont propres les Coréens. Aujourd’hui d’ailleurs, il y avait une de ces stations sur un site touristique où on faisait une petite marche d’une vingtaine de minutes sur de la roche volcanique donc, même pas de poussière.

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